Coûts et avantages
Un escompte, pas un taux d’intérêt
L’erreur la plus répandue dans l’appréciation de l’affacturage consiste à prendre l’escompte d’une facture à 90 jours, à le multiplier par quatre et à le baptiser taux d’intérêt annuel. Un taux annuel est le prix d’un capital prêté pour une durée ; l’escompte d’affacturage est le prix de la transformation d’une vente en trésorerie dès l’expédition, le risque acheteur en moins. L’annualiser produit un chiffre qui ne décrit rien de ce que l’exportateur paie réellement.
1Annualisez aussi le rendement
Multiplier le coût par quatre en ignorant les commandes supplémentaires que finance le capital libéré, c’est ne faire que la moitié du calcul. Le capital qui revient dès l’expédition finance immédiatement la commande suivante.
2Personne n’annualise le fait d’être payé
Un commerçant paie environ 2% pour encaisser ses paiements par carte sous deux ou trois jours — plus de 200% par an si on l’annualise. Personne n’y voit de l’usure : c’est le coût de vendre et d’être payé. Il en va de même de l’escompte d’affacturage.
3Ce n’est pas un intérêt dans vos comptes
Selon IFRS 9, une créance cédée sans recours sort de votre bilan ; l’escompte est une perte sur cession de cette créance, en résultat d’exploitation — ni charge d’intérêts, ni dette.
4L’alternative n’est pas un crédit à 16%
Pour la plupart des exportateurs libanais, ce crédit n’existe pas. Les vraies alternatives sont de perdre la commande ou de financer sur votre propre trésorerie, pendant 90 jours, un acheteur non assuré.